Les biais cognitifs : entrave à la prise de (bonnes) décisions

Les biais cognitifs sont des pensées récurrentes déviant d’une réflexion rationnelle et survenant au cours de certaines situations spécifiques. C’est notamment à cause des biais cognitifs que nous émettons préjugés et jugements. La notion a été introduite dans les années 1970 par le psychologue et économiste Daniel Kahneman.

Il existe différentes familles de biais cognitifs tels que les biais de raisonnement, de personnalité ou encore de jugement. Les illusions d’optiques sont par exemple des biais cognitifs dits sensori-moteurs.

Vous l’avez compris, il existe des dizaines et des dizaines de biais et j’ai décidé aujourd’hui de ne vous en présenter que 5. Mais 5 ultra fréquents, vous verrez vous vous y reconnaitrez sûrement.

A noter : il est important de connaitre au mieux nos propres biais cognitifs afin d’y palier et prendre ainsi de meilleures décisions.

1- La disqualification du positif

Il s’agit de transformer une expérience neutre ou positive en une expérience négative.

Typiquement, c’est le fait de ne pas accepter le compliment d’un membre de sa famille sous prétexte qu’elle ne serait potentiellement pas objective.

« C’est gentil maman mais c’est pas pareil, t’es ma mère… ». Combien de fois je me remémore avoir dit cette phrase…

Ou alors les « non mais j’ai eu de la chance » quand on réussit un examen haut la main.

Merde alors, prenons le positif quand il vient, peu importe d’où il vient !

2- L’effet Dunning-Kruger

Il s’agit d’un agrégat de biais cognitifs qui a pour conséquence pour les moins compétents de surestimer leurs compétences et pour les plus compétents de les sous-estimer.

On connait tous ce mec ou cette nana trop nulle en quelque chose mais qui ne lâche jamais l’affaire ? (c’est peut être vous ou moi d’ailleurs, qui sait). Non Micheline ça suffit avec ton poulet aux groseilles, c’est dégueu et ça le sera toujours. Sauf si on appelle Norbert pour un redressement express.

3- L’effet de halo

Ça c’est l’effet qui fout la rage à 90% des gens. C’est le fait de généraliser une situation à partir d’un seul élément.

Un exemple classique : certaines personnes auront tendance à trouver quelqu’un superficiel(le) et/ou doté(e) d’une intelligence limitée simplement parce qu’il ou elle est beau/belle d’apparence. L’inverse est aussi vrai : certains auront tendance à donner leur confiance plus facilement aux personnes qu’ils trouvent agréables à regarder.

Cet effet de halo est à rapprocher du biais du survivant. Quand on s’intéresse aux entreprises qui ont réussi et à leurs pratiques, on oublie de se demander combien ont échoué en utilisant les mêmes méthodes. On ne s’intéresse qu’aux « survivants ». On tente alors de les imiter de bout en bout, même sur des sujets où elles ne sont pas forcément performantes. Pire, on imite des pratiques qui ne nous sont pas transposables et on oublie notre propre réalité.

Bref, on préfère se focaliser sur des traits faciles (beauté, succès apparent…) plutôt que sur des aspects plus complexes à analyser (leadership, performance).

Ce type de comportement illogique peut carrément conduire à des échecs pouvant être évités si on avait un peu plus confiance en soi, ses forces et capacités !

4- L’illusion de corrélation

Aussi appelé effet d’amalgame, ce biais consiste à percevoir une relation entre deux éléments non reliés ou à exagérer l’importance d’une relation.

Le racisme, entre autres, est souvent fondé sur ce type de biais. On associe une caractéristique d’une personne au fait qu’elle appartient à un groupe, alors même que cette caractéristique n’a rien à voir avec cette appartenance.

5- Le biais du statu quo

Ah le changement… Pas toujours facile de l’accepter. Vous avez sans doute tous déjà entendu vos parents, grands-parents – ou toute autre personne plus âgée que vous – vous dire que c’était mieux avant. C’est l’objet même du statu quo.

Les personnes sujettes à ce type de biais ont tendance à rejeter la nouveauté, considérée comme plus risquée que ce qui est coutumier, stable. Mécanisme de défense, le statu quo justifie faussement l’inaction, la non prise de risque ou la neutralité.

J’espère que ce sujet, un peu différent de d’habitude, vous aura plu !

Si cela vous intéresse, il existe de nombreux sites sur lesquels vous pouvez vous renseigner sur les biais cognitifs. Personnellement, j’ai suivi une petite formation en ligne sur le sujet lorsque j’étais dans mon entreprise en alternance. Sinon vous pouvez trouver des infos sur des sites comme celui-ci.

En attendant, je vous invite à lire le dernier article de Sophie sur la manière de prendre des risques. Parfait si vous êtes victime du biais du statu quo !

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